Les débuts de la polyphonie.


La "polyphonie" désigne des "voix indépendantes", mais c’est un terme qui vient tardivement : il ne sera vraiment courant qu’au XVIIIème. Au départ était le chant grégorien (VIIIème), un chant monodique issu d’une volonté politique et religieuse de faire passer un message sans que la forme nuise au contenu. Mais dès le Xème, on assiste à une explosion de créativité dans les musiques profanes (trouvères, troubadours). Au départ les mélodies sont suivies à la quinte, ce qui dissonne parfois, puis intervalles de 3 tons (tierces chez les anglais). Le Moyen-Age va s’avérer foisonnant. Un premier foyer apparaît à Limoges (St Martial), pour remonter vers Paris qui devient le cœur du mouvement au XIIème. C’est l’époque des cathédrales et de la scholastique, Perrotin et Léonin veulent "embellir la liturgie". Petit hic : dès qu’une 2ème voix apparaît, il y a nécessité de compter les temps. Ce à quoi l’Eglise va s’opposer, car qui est le seul et unique comptable du Temps ? Dieu lui-même (la division du temps en 2 est une véritable catastrophe !). Avec la diffusion du papier et la reproduction manuscrite, le phénomène s’accélère : on crée, on invente, on complique. On se passionne pour la construction, l’organisation : isorythmie, canons, effets de "hoquet"... c’est l’Ars Nova dont une icône est Philippe de Vitry. Au XIVème siècle, les premières messes polyphoniques sont créées, et un Guillaume de Machaut va carrément revendiquer haut et fort son statut de compositeur. Au XVème, on atteint des sommets de complexité, les partitions étant souvent écrites en fonction de leur aspect graphique (Ars Subtilior). Mais les choses vont progressivement se stabiliser avec la Renaissance, dont l’esthétique musicale va clarifier et unifier les choses.

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